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L’Afrique malade de ses propres enfants

L’Afrique est un continent riche. Elle regorge véritablement de toutes les richesses naturelles et humaines.

Le sous-sol du continent contient presque toutes les matières premières imaginables. Les ressources humaines ne sont pas en reste, car formées dans les plus grandes écoles du monde.

Aux vues de ces facteurs incontournables, on peut penser à juste titre que l’Afrique bénie de Dieu peut être championne toute catégorie du développement et du bien-être. Mais que non : l’Afrique est championne toute catégorie de la misère et de la souffrance. Personne ne peut le contester.

Nous assistons impuissants à la descente aux enfers de la terre de nos ancêtres. La jeunesse africaine vient se suicider en masse dans l’océan atlantique aux portes de l’Europe au moment où cette même Europe reprend en main l’Afrique comme à l’époque de la colonisation.

Que se passe-t-il ? Il ne s’agit pas ici de jeter la pierre à quiconque car nous sommes tous responsables de ce qui arrive à notre mère patrie.

Mais, nous pensons que le ver est dans le « bois Afrique » à tous les étages : des feuillages aux racines.

Le phénomène qui détruit l’Afrique sous nos yeux et qui risque de la faire disparaître si nous n’y prenons garde se nomme : corruption.

En effet, les tenants du pouvoir et de toute parcelle de pouvoir en Afrique n’ont qu’une seule et unique préoccupation: bâtir des fortunes immenses pour leurs familles, leurs enfants et leurs

 proches .

On nous dira : c’est tout à fait normal. Certes, nous n’en disconvenons pas mais, ce sont les deniers publics qui sont en cause ici. Ces personnes pillent quasiment et impunément les fonds publics pour les consacrer exclusivement à leurs propres besoins.

Dans ces conditions, comment trouver les fonds pour financer le développement dont on parle tant ? L’une des conséquences de cette corruption à grande échelle est l’émergence, l’enrichissement illicite de quelques-uns et la paupérisation, la déshumanisation de la majorité de la population.

Le schéma décrit ci-dessus peut être décliné à l’infini. Il est le même à tous les niveaux : groupements de pays, pays, régions, départements, préfectures, sous-préfectures, communes et même villages. Aucun lieu n’est épargné, aucune institution n’est épargnée.

Les grands chefs, les chefs et les petits chefs s’en donnent à cœur joie au détournement des fonds publics. Leurs collaborateurs, leurs familles, leurs frères, leurs sœurs, les fils et petits-fils puisent dans les fonds publics d’une manière ou d’une autre pour leurs besoins personnels sans inquiétude aucune.

Certains poussent même leur perfidie jusqu’à se vanter de leur richesse quand d’autres organisent des fêtes aux milliards.

Les frères, sœurs, proches de ces véritables délinquants se chargent de narguer tout le monde, comme pour montrer leur « immunité d’indignité » si je puis m’exprimer ainsi.

Mais, ils oublient simplement une seule chose : dire à tout le monde que l’argent qu’ils gaspillent ainsi ne leur appartient pas. C’est l’argent de toute la communauté.

Car ils ne sont plus capables de faire la différence entre biens publics et biens privés. C’est cela le véritable malheur de l’Afrique : « avoir enfanté des enfants qui se soucient très peu de la dignité de la mère ».

Mais le drame dans toute cette histoire est le silence des populations. Nous savons qu’il est très difficile de comprendre le fonctionnement de l’Etat, des grandes institutions et l’ordonnancement de leurs dépenses.

Mais, quand en est-il des petites entités ; communes et villages ? Avouons que c’est le même silence qui est de rigueur. Personne n’ose jamais demander au premier magistrat comment sont utilisés les fonds mis à sa disposition par l’Etat ou autre.  Le silence est de rigueur car chacun veut préserver ses quelques billets qu’il reçoit de temps en temps de la main du « roi ».

Ce qui est le plus difficile à comprendre est que ces gens qui sont à la limite des indélicats insultent, narguent tout le monde. Ils vont même jusqu’à raconter à qui veut les entendre qu’ils sont riches, ils construisent leurs maisons, ils modernisent leurs villages.  Mais, sans jamais mentionner que c’est l’argent de la communauté qu’ils sont entrain de détourner ainsi.

C’est ainsi que toute réflexion, toute prise de conscience de ce qu’on peut dénommer l’intelligentsia africaine est paralysée par « dame corruption ». Des hommes et des femmes formés à grands frais par l’Afrique ne peuvent rien apporter au continent si ce n’est se fondre dans le moule de la corruption. Ceux qui veulent sortir du lot vont tout droit en prison ou prennent la route de l’exil.

Voilà les quelques points que nous tenions à soumettre à votre analyse. Mais, optimistes de nature, nous sommes convaincus que les choses peuvent changer. Car le peuple africain est entrain de constater que personne ne pourra faire son bonheur à sa place. Il décidera tôt ou tard de se réveiller.

En attendant de revenir vers vous avec d’autres mots, que Dieu vous garde !

Jean Patrice DJAGO dit Gato Jean Médiateur social, Consultant en communication de crise et médiation

 

 

 

1 Commentaire

1 COMMENTAIRE

  1. Alain Ourega Goble

    Alain Ourega Goble

    27 juillet 2018 at 12 h 17 min

    Comme j’ai coutume de le dire et de l’écrire pour changer les grands systèmes, il est impératif de commencer par changer les petits systèmes. Nous ne comprenons pas tous souvent le fonctionnement de l’Etat et de l’ordonnancement de ses dépenses, voilà pourquoi nous devons commencer par comprendre le fonctionnement des petites entités communautaires telles que les villages. Il nous faut avoir le courage de mettre en place des structures de gestion aux normes modernes, définir les responsabilités claires et les affecter à des personnes bien identifiées. Il serait possible de demander des comptes et au cas échéant sanctionner. Le manque de sanctions étant aussi une des plaies qui travestissent le développement.

    Le Capitaine Thomas Sankara nous donne une vision claire de notre responsabilité quand il affirme : “Nous avons choisi de rechercher des formes d’organisation mieux adaptées à notre civilisation, rejetant de manière abrupte et définitive toutes sortes de diktats extérieurs, pour créer ainsi les conditions d’une dignité à la hauteur de nos ambitions. Refuser l’état de survie, desserrer les pressions, libérer nos campagnes d’un immobilisme moyenâgeux ou d’une régression, démocratiser notre société, ouvrir les esprits sur un univers de responsabilité collective pour oser inventer l’avenir”.

    L’avenir nous l’inventerons dans nos villages et dans notre région de Zikisso. Nous devons être plus nombreux à nous y engager ici et maintenant. Devenant des modèles, par cercles concentriques il y a espoir que les grands systèmes changent.

    Nous ne devons plus refuser la confrontation des idées. Nous ne devons plus refuser de collaborer et de coopérer. Notre survie en dépend alors osons!

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