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Fausse mort de Martin Bouygues : quelqu’un se trompe, mais qui ?

Source Msn Actualités.

Bien sur, il y a quelqu’un qui se trompe, mais qui ? Le maire du village de l’Orne cité par l’AFP comme ayant confirmé la mort de Martin Bouygues, ou celle du journaliste de l’AFP qui a rédigé la dépêche ?

Michel Julien a reçu un appel d’un journaliste quelques heures avant, ce samedi, lui demandant, selon ses dires, si “Monsieur Martin était bien décédé”, ainsi que “Le connaissiez-vous ?”

Selon le maire de la petite commune de l’Orne, il a immédiatement pensé à Daniel Martin, un homme sympathique qu’il rencontrait régulièrement sur la place de la mairie. “J’ai pensé que Monsieur Martin était plus important que ce que j’imaginais.”

Très bousculé ce samedi après-midi, appelé par tous les journalistes, mais aussi la préfecture et les administrations, il est difficile de garder Michel Julien longtemps au téléphone, mais il explique bien qu’il y a eu un vaste malentendu. Il ne sait même pas précisément quel journaliste a pu l’appeler. Et pourquoi le journaliste en question lui a-t-il parlé de “Monsieur Martin” plutôt que “Monsieur Bouygues”. Un autre mystère.

En tous cas, l’AFP envoie bien une dépêche urgente à 14h27 titrant sur la mort de Martin Bouygues. Puis quelques minutes plus tard, elle publie ceci :

Martin Bouygues, le 17 janvier 2014.© Copyright 2015, L’Obs Martin Bouygues, le 17 janvier 2014.

Renversement de situation à 14h55. Un bandeau rouge apparait sur la chaîne LCI, filiale du groupe Bouygues, démentant l’information. Puis après quelques minutes de pub, la directrice de l’information du groupe TF1, Catherine Nayl, parle à l’antenne lors du flash de 15 heures : “Je viens de parler à Martin Bouygues il y a quelques minutes, il est vivant.”

“Je sais faire mon métier”

Alors que s’est-il passé ? L’AFP a reçu un appel d’une de ses sources “fiables”, l’informant que Martin Bouygues était mort dans l’Orne. Tous les services sont mis sur le coup pour confirmer ce qui serait alors un grand scoop. Coté régional, c’est l’AFP Rennes qui était en charge du dossier. Contacté en milieu d’après midi, le journaliste en question était sous tension, et il nous a démenti la version du maire.

La direction de l’AFP a immédiatement lancé une enquête pour comprendre ce qui s’est passé : elle tient à communiquer elle-même directement sur cette énorme bévue, sans en minimiser l’ampleur : “C’est une erreur grave, une succession de dysfonctionnements”, estime Michèle Leridon, la directrice de l’Information.

L’AFP aurait du obtenir confirmation de la direction du groupe Bouygues, ou d’une autre source fiable, avant de publier la dépêche. La direction ne doute néanmoins pas une seconde du sérieux de son journaliste de Rennes. Il semblerait effectivement ubuesque, contrairement à ce qu’on écrit plusieurs médias dans l’après-midi, qu’il se contente d’appeler un maire en lui parlant de “Monsieur Martin”. Le maire, lui, a dû très mal comprendre ce qu’il se passait… problème de communication entre les deux hommes, semble-t-il. Mais, le gros problème, c’est que l’AFP n’ait donc pas eu une autre confirmation, sérieuse et officielle.

D’un point de vue politique, l’annonce de la fausse mort de Martin Bouygues a bien entendu attiré l’attention de tous les responsables français, y compris une réaction de Manuel Valls.

La direction de l’AFP peut s’attendre à être secouée. Or, le PDG de l’AFP, Emmanuel Hoog, faisait partie des candidats plus que probables à la présidence de France Télévisions, qui sera décidée en avril par le CSA, Conseil supérieur de l’audiovisuel.

Ce qui tourne au scandale dans le monde de l’information, aura des conséquences négatives sur sa carrière : il ne faisait déjà pas figure de favori pour succéder à Rémy Pflimlin, mais après ce tsunami médiatique, il ne garde sans doute plus aucune chance.

 

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