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CHEFFERIE TRADITIONNELLE DU ZIKI (Zikisso, Gagoré, Djidji) : MOTION DE PROTESTATION CONTRE L’INSECURITE DANS LE ZIKI.

MOTION DE PROTESTATION CONTRE L’INSECURITE DANS LE ZIKI.

Les chefs coutumiers du Ziki (Sous-préfectures de Zikisso, Gagoré et Djidji) réunis le 06 octobre 2017 à Zikisso protestent vivement contre les situations ci-dessous, sources d’insécurité et de conflits sociaux.

La marche des Chefs du Ziki !
Image : Loblégnon Djahi Séraphin

I/ L’AFFAIBLISSEMENT DU POUVOIR COUTUMIER :

1°) Par certaines autorités administratives. Certains agents administratifs s’adressent directement aux allogènes et les sollicitent à l’insu du chef du village; créant ainsi, une circonscription parallèle au village et un bicéphalisme de fait. Or, “le village est la circonscription de base du territoire national” stipule l’article 31 alinéa 01 de la loi 2014-451 du 05 août 2014 portant orientation de l’organisation générale de l’administration territoriale. L’alinéa 02 du même article ajoute: “Le village est administré par un chef de village”. Il est donc illégal et dangereux d’opposer les chefs de communautés aux chefs de villages.

2°) Par les allogènes et allochtones. Allogènes et allochtones n’obéissent souvent qu’à leurs responsables de communautés et ignorent les chefs des villages où ils vivent. Ces pratiques fragilisent la cohésion sociale et mettent en péril l’intégration des peuples.

3°) Par les forces de l’ordre Certains agents des forces de l’ordre intimident, menacent et humilient les chefs coutumiers malgré cette disposition de la loi 2014-428 du 14 juillet 2014 portant statut des rois et chefs traditionnels en son article 05: “L’Etat assure la protection des rois et chefs traditionnels contre les menaces, outrages, violences, injures ou diffamations dont ils pourraient être l’objet dans l’exercice de leurs fonctions”.

II/ LE BRADAGE DU PATRIMOINE FONCIER.

La vente illicite des terres constitue la cause principale des conflits dans la région. Il faut donc prendre toute mesure idoine permettant de protéger le patrimoine foncier et de garantir les droits des acquéreurs. Depuis 2008, la chefferie traditionnelle du Ziki propose une procédure en trois étapes comprenant le rapport de la commission villageoise de propriété foncière, l’attestation de propriété foncière de droit coutumier et l’attestation de cession à terme du domaine coutumier (voir imprimés ci-joints). Il est temps que ces dispositions soient reconnues par l’administration locale et imposées à tous.

III/ LA RECRUDESCENCE DES CRIMES.

La prolifération récente des armes à feu et l’insuffisance des agents des forces de l’ordre concourent à l’accroissement des crimes dans la circonscription du Ziki. Les chefs demandent donc que chaque sous-préfecture soit dotée d’une brigade de gendarmerie et que toutes les armes à feu qui circulent encore dans la région soient saisies. Un jeune homme de Douséba, occupé à nettoyer son champ, vient d’être lâchement assassiné par balles. Que le tribunal fasse son travail ! Les chefs traditionnels, eux, ne se détourneront pas de leur mission de garants des us et coutumes. Le Grand Conseil se réunira afin de prononcer le bannissement du tueur, la confiscation des terres à l’origine du sang versé, les droits à payer par la famille de l’assassin. Il s’agit d’une somme symbolique d’argent, d’une bête à deux pattes et d’une bête à quatre pattes.

Fait à Zikisso, le 06 octobre 2017
Pour l’assemblée des chefs traditionnels
Loblégnon Djahi Séraphin
Président du collectif des chefs du Ziki.

 

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